Repreneur visitant un salon de coiffure avec son expert-comptable avant la reprise
Dernière mise à jour le 15 septembre 2026

Reprendre un salon de coiffure ou un institut de beauté : valorisation, financement et points de vigilance

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Reprendre un salon existant plutôt que d’en créer un de toutes pièces séduit de plus en plus de professionnels : vous récupérez une clientèle, une équipe et un emplacement déjà en place. En effet, c’est souvent un raccourci vers la rentabilité — à condition de payer le juste prix et de vérifier ce que vous achetez réellement. Ce guide détaille les étapes clés, de la valorisation au financement, pour reprendre un salon de coiffure ou un institut de beauté en sécurité.

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Sommaire

1. Racheter le fonds ou les parts d’un salon de coiffure ?

Commençons par la première décision, car elle change tout le reste. Reprendre un salon de coiffure peut prendre deux formes bien distinctes.

  • Le rachat du fonds de commerce. Vous achetez les éléments d’exploitation : la clientèle, le nom, le droit au bail, le matériel. Avantage décisif : vous ne reprenez pas les dettes du cédant, vous repartez sur une base saine.
  • Le rachat des parts (ou actions) de la société. Vous rachetez la société elle-même, avec son actif mais aussi son passif : dettes, litiges et risques fiscaux éventuels vous suivent.

Ainsi, le repreneur préfère généralement le rachat de fonds, plus protecteur, tandis que le cédant privilégie souvent la cession de parts, fiscalement plus douce pour lui. Ce choix se négocie, et il conditionne le prix comme la fiscalité : c’est le premier point à arbitrer avec votre conseil.

2. Ce que vous achetez vraiment dans un salon de coiffure

Poursuivons avec le contenu du fonds, car un salon vaut par ses composantes, pas par ses murs. Le fonds de commerce d’un salon de coiffure ou d’un institut de beauté regroupe plusieurs éléments.

  • La clientèle, premier actif : c’est elle qui génère le chiffre d’affaires. Sa fidélité et sa dépendance au cédant sont donc déterminantes.
  • Le droit au bail, c’est-à-dire l’emplacement : dans ce métier, la localisation fait une large part de la valeur.
  • Le matériel et les agencements (bacs, fauteuils, cabines, matériel d’esthétique) : vérifiez leur état et leur âge réels.
  • Le nom commercial et la réputation, aujourd’hui indissociables des avis en ligne.

En revanche, certains éléments ne sont pas transmis avec le fonds : les dettes et les créances restent au cédant. Seuls le bail commercial et les contrats de travail suivent automatiquement — nous y revenons plus bas, car ce point est capital pour un salon.

3. Valoriser un salon de coiffure ou un institut de beauté

Abordons maintenant le nerf de la guerre : le prix. Deux approches se complètent, et il ne faut jamais s’arrêter à la première.

L’approche par le chiffre d’affaires. Les barèmes professionnels expriment souvent la valeur d’un salon comme une fraction de son chiffre d’affaires annuel TTC. C’est une première repère commode, mais trompeur s’il est pris isolément : deux salons à chiffre d’affaires égal peuvent valoir très différemment selon leur rentabilité et leur bail.

L’approche par la rentabilité (l’exacte). La vraie valeur se calcule sur l’excédent brut d’exploitation (EBE) retraité : ce que le salon dégage réellement une fois payées les charges, y compris une rémunération normale du dirigeant. On y applique ensuite un multiple, ajusté selon l’emplacement, l’état du matériel, la dépendance à l’exploitant et la durée du bail.

Le réflexe d’expert : Ne payez jamais un salon sur son chiffre d’affaires affiché. Faites retraiter les comptes : réintégrer une rémunération de marché pour le cédant, isoler les charges personnelles passées en frais, vérifier la part de chiffre d’affaires liée à sa clientèle propre. C’est ce retraitement qui révèle la rentabilité réelle — souvent très différente de l’affichage.

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4. Le bail commercial : l’élément décisif

Pour reprendre un salon de coiffure dans de bonnes conditions, un point mérite toute votre attention, car il peut faire ou défaire l’opération : dans un salon, le bail commercial vaut parfois autant que la clientèle. Avant de vous engager, examinez la durée restante, le montant du loyer au regard du marché, les clauses de révision, la destination autorisée (activité de coiffure ou d’esthétique bien prévue) et les éventuelles clauses restrictives. Un bail court ou défavorable pèse lourdement sur la valeur et sur votre capacité à durer.

5. Racheter un salon de coiffure : la reprise du personnel

Voici un mécanisme que beaucoup de repreneurs découvrent trop tard, et il est central dans ce secteur. En cas de reprise du fonds, les contrats de travail en cours sont automatiquement transférés au repreneur (article L1224-1 du Code du travail). Vous héritez donc de l’équipe en place, avec son ancienneté, ses contrats et ses acquis. Pour un salon, c’est souvent une bonne nouvelle : les coiffeurs et esthéticiennes portent une partie de la clientèle. Mais cela signifie aussi que vous devez intégrer cette masse salariale et ces engagements dans votre calcul de rentabilité, sans pouvoir les ajuster librement du jour au lendemain.

6. Les droits d’enregistrement à budgéter

N’oubliez pas ce coût, car il s’ajoute au prix du fonds. Lors d’un rachat de fonds de commerce, l’acquéreur paie des droits d’enregistrement, calculés par tranches sur le prix de cession.

  • 0 % jusqu’à 23 000 € ;
  • 3 % sur la fraction comprise entre 23 000 € et 200 000 € ;
  • 5 % au-delà de 200 000 €.

Ces droits sont à la charge du repreneur et se règlent dans le mois suivant la signature de l’acte. Ainsi, pour un fonds acheté 200 000 €, comptez environ 5 300 € de droits à prévoir en plus du prix. Anticipez-les dès la négociation, avec les honoraires, pour éviter toute mauvaise surprise à la signature. Des réductions existent par ailleurs dans certaines zones (ZRR, zones franches urbaines), sous engagement de maintien de l’exploitation.

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7. Financer la reprise

Passons au montage financier, car sans financement, pas de reprise. Les banques financent volontiers la reprise d’un salon rentable, mais elles attendent un dossier solide.

  • Un apport personnel généralement de l’ordre de 20 à 30 % du prix, parfois davantage selon le profil.
  • Un plan de financement intégrant le prix du fonds, les droits d’enregistrement, les honoraires, la trésorerie de départ et un éventuel budget de rénovation.
  • Un prévisionnel défendable, appuyé sur les comptes retraités du salon et non sur des projections optimistes.

Ainsi, un dossier bien préparé rassure la banque et accélère l’accord. C’est aussi ce qui vous évite de sur-payer : un financement calibré sur la rentabilité réelle vous protège de vous-même.

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8. Reprendre un salon de coiffure : les points de vigilance

Terminons par la liste des pièges, car ce sont eux qui transforment une bonne affaire en mauvaise. Cinq points reviennent systématiquement.

  • L’écart entre le chiffre d’affaires affiché et le chiffre d’affaires réel, encaissé et prouvable.
  • La dépendance de la clientèle au cédant : partira-t-elle avec lui ? Une clause de non-concurrence du vendeur est indispensable.
  • L’état réel du matériel et des agencements, et le coût de remise à niveau.
  • Les contrats en cours : crédits-baux du matériel, abonnements, contrats fournisseurs à reprendre ou à solder.
  • La réputation en ligne et la réalité de la fréquentation, au-delà des chiffres présentés.

Aucun de ces points n’est rédhibitoire en soi : ils se vérifient et se négocient. Encore faut-il les auditer avant de signer, pas après.

9.Pourquoi vous faire accompagner pour reprendre un salon

Reprendre un salon n’est pas qu’une affaire de coup de cœur pour un emplacement : c’est un investissement qui se vérifie chiffres en main. KYONOS accompagne les repreneurs de salons de coiffure et d’instituts de beauté sur exactement ces étapes : retraitement des comptes et valorisation, arbitrage entre rachat de fonds et de parts, construction du prévisionnel et du plan de financement pour la banque, et audit des points de vigilance avant la signature.

Pour aller plus loin : la comptabilité d’un salon de coiffure ou d’un barbier, la comptabilité d’un institut de beauté. Vous reprenez un autre type de structure ? Voyez aussi notre guide sur le rachat d’une micro-crèche.

Vos questions sur la reprise d’un salon

Combien coûte la reprise d’un salon de coiffure ?

Le prix dépend surtout de la rentabilité (EBE retraité) et du bail, pas seulement du chiffre d’affaires. À ce prix s’ajoutent les droits d’enregistrement, les honoraires et la trésorerie de départ. Un retraitement des comptes est indispensable avant de fixer une offre.

Vaut-il mieux racheter le fonds ou les parts de la société ?

Le rachat de fonds évite de reprendre les dettes et les risques du cédant : il est généralement plus protecteur pour le repreneur. Le rachat de parts peut avoir ses avantages, mais il exige un audit approfondi du passif. Le choix se décide au cas par cas.

Dois-je garder les salariés du salon ?

Oui : en cas de reprise du fonds, les contrats de travail sont automatiquement transférés (article L1224-1 du Code du travail). Vous reprenez l’équipe avec son ancienneté. Intégrez cette masse salariale à votre calcul de rentabilité.

Qui paie les droits d’enregistrement ?

Le repreneur, en principe, dans le mois suivant la signature. Le barème est progressif : 0 % jusqu’à 23 000 €, 3 % de 23 000 à 200 000 €, 5 % au-delà. Une autre répartition peut être prévue dans l’acte, mais l’acquéreur reste redevable envers l’administration.

Conclusion

En définitive, reprendre un salon de coiffure ou un institut de beauté est une excellente porte d’entrée dans le métier — à condition de payer le juste prix, de sécuriser le bail et l’équipe, et de bâtir un financement sur la rentabilité réelle. Le coup de cœur choisit le salon ; ce sont les chiffres qui décident s’il vaut son prix.

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David Adraï

Après 10 années d'expérience dans des cabinets d'experts comptables réputés, je mets, aujourd'hui, mon expertise variée au service de services comptables et financiers de qualité, axés sur la satisfaction client.

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